La voix de Haris ALEXIOU, la voix de Xaroula,
est un don de Dieu. D'une onctuosité et d'une expressivité
envoûtantes, elle fait vibrer chaque mot d'une profonde sensualité.
C'est par elle qu'a commencé mon voyage initiatique dans la musique
grecque avec son disque Gyrizontas ton kosmo
(En faisant le tour du monde).
Néanmoins, les albums qui ont suivi "Gyrizontas ton kosmo" trahissent une certaine standardisation des musiques et donc un appauvrissement, à mon goût, même si sa voix est toujours aussi poignante.
Avec en prime de superbes photos de la tournée mondiale 1992-1996, cet album live nous ouvre à la splendeur de la voix de Xaroula. Les vocalises sont superbes. Les musiques respirent la Grèce bien sûr, mais aussi l'Espagne ou le Moyen-Orient. La puissance expressive semble sans cesse surgir de blessures anciennes, notre cur résonne parfois douloureusement mais le voyage auquel il est convié le propulse dans des contrées humainement très riches.
Cette compilation regroupe des chansons du répertoire
populaire laiko(Ouzo otan pieis Quand tu bois l'ouzo,
O dervisis kai i Anna Anna et le derviche,
Th'arrostisso mana Je serai malade maman),
du répertoire folklorique dimotiko (Poulaki xeno Petit oiseau égaré,
Mavrideroula Petite négresse)
ainsi que des chansons d'auteurs (To minore tis augis Elégie de l'aube,
Ti glyko na s'agapoun Comme on t'aime tendrement,
Oles tou kosmou oi kiriakes Tous les dimanches du monde,
To bloko tis Kaisariani Le blocus de Kaisariani)
signées entre autres Theodorakis et Papadopoulou.
Ce disque est à mon avis une excellente introduction à la
musique populaire grecque exempte d'occidentalisation mal digérée,
où la profonde mélancolie côtoie cette nostalgique allégresse
propre à la Grèce.
L'atmosphère y est intime avec toujours
la sobre puissance et la liberté de phrasé qu'offrent des enchaînements
plagaux et des pédales de tonique caractéristiques, entre autres,
des musiques grecques (Proseuxi Prière,
Minoraki Accord mineur,
Psyches kai somata Corps et âmes,
O Anthropos tou Kabou L'homme du Cap).
Au côté de la nostalgique beauté de
Panselinos Pleine lune, on retrouve la chanson Oi antres pernoun,
Les hommes qui passent
(écrite par D.Barbelivien pour Patricia Kaas) traduite en grec par Xaroula
et dont l'interprétation dépasse l'originale (excusez
la partialité!). Citons aussi Glykeia Synomosia Douce conspiration écrite à
9 temps, sur le rythme du Xasapiko et To
no mou esygyrisa J'ai
mis de l'ordre dans ma tête
écrite sur un rythme qu'on retrouve dans le Rebetiko:
3+3+2 | 3+3+2+2 et dont j'ai oublié le nom!
Enfin le petit bijou de V.Tsitsanis, Synnefa Nuages.
D'une atmosphère semblable à celle de 23 Tragoudia, ce double-album est orienté sur les chansons populaires comme son nom l'indique (laika). Il retrace les plus belles chansons de Xaroula de 1977 à 1987.